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En avoir sous la faluche

Un curieux béret

C’est un bien curieux béret qu’a déniché Graziella l’autre jour :

Une faluche

Nous avons pensé d’abord à un béret scout, et c’est ainsi que Graziella l’a présenté sur le site, mais un visiteur nous a contacté : attention, ce n’est pas un béret scout, c’est une faluche !

Voici la faluche vue de dessus :

Késaco la faluche ?

La faluche, qu’est-ce donc ? J’ouvre mon dictionnaire préféré et le petit Robert m’apprends « Faluche: béret de velours noir traditionnel des étudiants (rarement porté de nos jours). »

Enseignant en BTS, je n’ai jamais vu un de mes étudiants porter pareil galurin! Je sortirai à coup sûr de ma classe le rigolo coiffé d’une faluche. Le règlement intérieur du lycée interdit d’ailleurs le port de tout couvre-chef, dans un souci de respect de la laïcité !

Wikipedia possède une page dédiée à la faluche.

Il existe même un site entièrement dédié à cette coiffe : faluche.info 

En parcourant ces pages, j’ai donc appris que le port de la faluche commence officiellement en 1888, mais qu’elle s’inscrit dans la continuité des toques doctorales du moyen-age. Ci-dessous, un étudiant à faluche vers 1900 à Bordeaux (Image wikipedia, domaine public)

Etudiant à la faluche

L’utilisation de la faluche est tombée en désuétude dans les années 1960, comme beaucoup de traditions estudiantines.

La faluche est décorée selon des codes très stricts, en fonction du cursus de l’étudiant !

Déchiffrons notre faluche

 Tout autour, le ruban circulaire violet orné de palmes croisées chêne et laurier : c’est la marque des étudiants en sciences.

Pour le dessus, c’est assez facile :

Il s’agit bien entendu d’une faluche appartenant à un étudiant(e) de sciences naturelles. Les symboles associés à chaque spécialité sont assez parlants : la grenouille à disséquer pour la physiologie, la fleur pour la botanique, le marteau de géologue pour la géologie.

La faluche porte aussi les inscriptions Q116 , VW 127, K 53, K50. Je n’ai pas trouvé à quoi cela correspond ! K50 à l’année d’obtention d’un bac et K53 pour une licence ? 

Le blason de Chartres est peut être la ville d’origine de l’étudiant,Chartres n’étant pas à l’époque une ville universitaire, la ville universitaire la plus proche étant Orléans.

 Le ruban sur le velours bien que délavé par le soleil semble être bleu et rouge. Il doit lui aussi avoir une signification.

Un écusson de Montmartre est peut être un souvenir d’une virée parisienne.

Un autre écusson représente la France et un avion. J’ignore la signification de celui-ci !

J’invite tout internaute ayant des informations à laisser des commentaires ! 

Mais n’oublions que si l’habit ne fait pas le moine, la faluche ne fait pas forcément l’étudiant !

Pour finir, je vous signale qu’au hasard de mes recherches, je suis tombé sur un site marchand qui propose des faluches neuves, des rubans et des insignes. 

Encore un chouette objet présenté sur ma petite brocante qui nous a appris beaucoup de choses !

Louis

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Vite mes sels !

Un joli petit flacon

C’est un joli petit flacon qu’a chiné Graziella à une vente aux enchères. On portait ce flacon en pendentif.

Flacon à sels pendentif

Le décor est d’inspiration égyptienne, ça ressemble à des hiéroglyphes. C’est un flacon à sels.

Au XIXème siècle, les dames de la bonne société tombaient souvent dans les pommes. Vite, on leur faisait respirer des sels et cela permettait de les ranimer.

Cet objet porte le joli nom de « flacon de pâmoison ».

J’ai voulu mener un peu l’enquête sur cet objet et son contexte, je vous livre à la suite le résultat de mes investigations. 

Tomber dans les pommes…

Voila d’ailleurs une curieuse expression : « Tomber dans les pommes » pour perdre connaissance. 

Que viennent faire les pommes ici ? Éventuellement, on peut penser à Isaac Newton qui a reçu une pomme sur la tête (comme dans la rubrique-à-brac chez Gotlib) ! Il y a de quoi s’évanouir.

Isaac newton recevant une pomme sur la tête !

Mais dans ce cas, c’est la pomme qui est tombée sur Newton, pas Newton qui est tombé dans les pommes !

D’après l’hypothèse la plus convaincante, l’expression « tomber dans les pommes » est une déformation de « tomber dans les pâmes ».

Le petit Robert nous explique : « se pâmer », c’est perdre connaissance. Étymologiquement, pâmer a la même origine que « spasme ». Se pâmer à donné « pâmoison » : le fait de se pâmer. Tomber en pâmoison, c’est tomber dans les pommes !

D’où le nom de notre petit « flacon de pâmoison ».

Le corset

Mais pourquoi au XIXème siècle ces bonnes dames tombaient toutes dans les pommes ?

Le coupable est le corset.

Pour mettre en valeur leur derrière et leur poitrine, les femmes à cette époque essayaient d’avoir une taille de guêpe. elles utilisaient pour cela un corset.

Femme avec corset

Ainsi comprimé, ces dames avaient du mal à respirer et à digérer, leurs organes internes (foie, estomac) étaient malmenés comme on peut le lire sur l’article suivant. A la moindre émotion, ces dames tombaient donc en pâmoison. Aujourd’hui, on parlerait plutôt de syncope ou de malaise vagal.

Et les sels ?

Qu’étaient donc ces sels que respiraient ces dames ? Bien entendu, rien à voir avec du sel de table. Ils s’agit de sels d’ammoniaque, généralement du  Carbonate d’ammonium . L’odeur d’ammoniaque très forte permettait à ses dames de retrouver leurs esprits.

Ce produit est utilisé aujourd’hui comme additif alimentaire.

De nos jours, dieu merci, les dames respirent librement et ne portent plus de corset.

Certaines féministes ont même brûlé leur soutien-gorge ! Plus personne n’utilise de sels après un malaise.

Mesdames, ne vous serrez pas trop la ceinture, vous risquez de tomber dans les pommes !

Louis

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Des amoureux un peu peinés (ou Peynet ?)

Cet article avait été publié sur le midiblog de ma petite brocante en février 2016

Un bibelot romantique

C’est demain la St-Valentin et j’ai voulu vous parler d’un objet d’actualité. L’autre jour Graziella a chiné ce joli objet en céramique représentant deux amoureux sur une balançoire (l’objet est en vente actuellement sur le site).

Amoureux en céramique

Bien sûr, nous avons pensé tout de suite aux amoureux de Peynet.

Amoureux de Peynet

En retournant l’objet, nous sommes tombés sur les inscriptions suivantes :

« Neuquelman Paris » « Made in France »

Aucune mention de Peynet ! 

J’ai donc décidé de mener l’enquête sur cet objet…

A la recherche de Neuquelman…

D’après les informations que j’ai récolté sur Internet (merci Google), j’ai facilement identifié le Neuquelman en question. Il s’agit de Lucien Neuquelman(1909-1988). Il est connu pour ses peintures représentant souvent des paysages et des marines. C’était un adepte du pointillisme.

Neuquelmann, Brehat

Ici un très beau tableau représentant l’île de Brehat, en Bretagne.J’ai trouvé ces infos sur le site de cette galerie d’art.

Donc, notre Lucien Neuquelman était un peintre pointilliste qui faisait aussi des objets d’arts en faïence plusieurs de ces œuvres ont été vendues chez Drouot.

Peynet vs Neuquelman

Alors, nos amoureux ? C’est Neuquelman ? C’est Peynet ?

Raymond Peynet est contemporain de Neuquelman : les deux artistes sont nés à moins d’un an d’intervalle.

Peynet était un dessinateur mondialement connu pour ces amoureux.Il a crée ces personnages en 1942.

Essayons de regarder les points communs et les différences entre les amoureux de Peynet et les amoureux de Neuquelman.

Les points communs :

Le garçon est vêtu d’une manière un peu désuète.

Il porte un chapeau melon ! Le chapeau est posé au milieu de la balançoire.

La fille ressemble assez. 

Les différences :

Le garçon de Neuquelman n’a pas cette coupe de cheveu très caractéristique de Peynet !

Le verdict

Alors Neuquelman a-t-il plagié Peynet ? 

A-t-il été inspiré par Peynet ?

Nous ne le saurons jamais !

Si des héritiers de Neuquelman ou Peynet ont des informations à nous communiquer, je me ferais un plaisir de mettre à jour cette article!

En attendant, bonne St-Valentin à tous !

Louis

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Ma petite brocante et les nains de jardin

Retour de salle des ventes

L’autre jour, Graziella revient de la salle des ventes avec des nains de jardin !

Deux nains de jardin chinés par Graziella
2 nains de jardin chinés par Graziella

S’ensuit alors (plus ou moins) le dialogue suivant :

Moi: Des nains de jardin ? Quelle drôle d’idée ! Que vas-tu en faire ?

Graziella : les vendre, pardi !

Moi : Mais, c’est d’un kitsch !

Graziella : Tu n’y comprends rien, il faut prendre ça au second degré !

Regardons donc ces nains de jardin au second (voir au troisième degré) !

Il s’agit de deux nains de jardin en plastique de la marque ZEHO. Ils sont marqué ZEHO Ges. Gesh. « Ges. Gesh »signifie gesetzlich geschützt (littéralement « protégé par la loi », l’équivalent de « marque déposée » en français). Zeho est une marque autrichienne.

Le fumeur de pipe mesure 46 cm et le joueur de guitare 36 cm. Le fumeur de pipe a été trépané du bonnet : cela permet d’y planter une fleur…

Bon, les nains de jardin, c’est kitsch, mais méditons la phrase de Kundera : 

« Le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde ! »

En ces temps difficiles, que demander de mieux…

Petite histoire des nains de jardin

J’ai fait quelques recherches sur les nains de jardin. D’après Wikipedia :

« Les nains de jardin apparaissent à la Renaissance : ils proviennent de l’image légendaire de pygmées travaillant dans les mines de métaux précieux de Cappadoce au xve siècle et auxquels les exploitants des mines inventent des statuettes en bois à leur effigie (bonnets rouges emplis de paille pour les protéger des éboulis, vêtements de couleur vive pour être repérables sous terre) jouant le rôle de gardiens protecteurs contre les forces maléfiques du monde souterrain ».

Le costume coloré des nains a donc une explication !  Ça vous en bouche un coin !

D’ailleurs dans « Blanche-Neige et les sept nains », Grimm (et plus tard Disney) présentent les sept nains comme des mineurs :

« Les maîtres du logis ne rentrèrent chez eux que lorsqu’il faisait déjà nuit noire, et c’étaient les sept nains qui piochent et creusent les montagnes pour trouver les filons de minerais. « 

Jeux de nains, jeux de vilains

Pour terminer, quelques devinettes sur les nains de jardin (et les autres…)

Devinette n°1

Les septs nains de Walt Disney

Sauriez-vous donner leurs noms ?

Devinette n°2

Le nain voyageur
Le nain voyageur

Dans quel film, un nain de jardin est volé et son propriétaire reçoit des photos de son nain à travers le monde ?

Devinette n°3

Quel chanteur chante la chanson « Mon nain de jardin » dont le refrain est : 

« Si je tenais l’enfant d’gredin
Qui m’a volé mon nain d’jardin
J’ui f’rai passer le goût du pain
J’ui f’rai passer le goût du pain… »

Devinette n°4

Quel est le titre de ce film contenant le mot nain, dont la distribution est la suivante :

Blanche-Neige : Zabou

Jean Valjean : Roland Giraud

Tarzan : Renaud

Blanche Neige Zabou

Devinette n°5

Quel est le nom de ce personnage et dans quelle série TV peut-on le voir?

Nain mystère

Solution des devinettes

Devinette n°1

De gauche à droite : Simplet, Atchoum, Timide, Prof, Joyeux et Grincheux.

Devinette n°2

Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Devinette n°3

C’est une chanson de Renaud, dans l’album « Boucan d’enfer ».

Devinette n°4

Elle voit des nains partout !

Devinette n°5

Il s’agit du docteur Miguelito Loveless, le méchant de la série « Les mystères de l’Ouest » !

Louis

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Tintin dans le Tonimalt

Des objets insolites et vintage

En ce début d’année, j’ai souhaité vous parler d’une série d’objets insolites vintage que Graziella a chiné à la fin de l’année 2015.

Ils’agit de couvercles de boîtes de Tonimalt illustrés avec des personnages de Tintin. Les couvercles sont en plastique mais recouverts d’un disque métallique sérigraphié.

Au recto, la mention : Avec « Tonimalt » faites provision de tonus et collectionnez les couvercles « dessous de verre ».

Capitaine Haddock sur couvercle de boite de Tonimalt
Le capitaine Haddock

Voici ici par exemple le capitaine Haddock !

Alors, l’histoire de cet objet ?

Le Tonimalt

Le Tonimalt est une boisson chocolatée créée en 1934 par Mont-Blanc (les crèmes desserts en boîte, pas les stylos !). La spécificité de Tonimalt est, comme son nom l’indique, qu’elle contient du malt (et du miel aussi). C’est très énergétique et à l’origine ce produit était distribué en pharmacie. Dans les années 60, Tonimalt a ensuite été distribué en épicerie (il n’y avait pas encore de grandes surfaces).

Voici, d’après une ancienne publicité à quoi ressemblait une boîte de Tonimalt à cette époque, avec son couvercle illustré.

Une boite de tonimalt vintage
Une boite de Tonimalt Vintage

J’ai obtenu la plupart de ces infos sur le site de Nestlé qui produit aujourd’hui le Tonimalt.

Les boissons chocolatées : un univers impitoyable

Quand j’étais petit, il y avait déjà du choix pour les boissons chocolatées: Nesquik, Benco, Banania, Poulain… Dans cet univers concurrentiel, il fallait bien se distinguer pour séduire le consommateur. En général, ce sont les enfants qui consomment ces boissons. 

 Donc,pour attirer une jeune clientèle Tonimalt a sorti entre 1965 et1970 une série de couvercles à l’effigie de personnages de bande dessinée : Tintin et ses compagnons mais aussi Gaston Lagaffe,Benoit Brisefer, le marsupilami et d’autres héros des journaux Spirou et Tintin.

 Le couvercle pouvait donc servir de dessous de verre ou dessous de bouteille, de soucoupe, de vide-poches, etc…

Voilà une belle idée de réclame qui apporta un avantage compétitif à Tonimalt !

Petit inventaire des couvercles Tonimalt

Graziella n’a que 2 couvercles d’après Hergé : Le capitaine Haddock dont le visage traverse le portrait de son ancêtre  (le secret de la licorne) et le professeur Tournesol sur sa chaise volante (les 7 boules de cristal). Mais il en existe d’autres que j’ai pu recenser sur internet : Tintin, Milou, les Duponts. 

Les voici en images : 

Couvercles Tonimalt Hergé
Les couvercles Tonimalt Hergé

Si un internaute en connaît d’autre, qu’il le signale en commentaire !

Graziella a chiné d’autres couvercles Tonimalt qu’elle mettra prochainement en vente sur le site : le marsupilami, Gaston et Fantasio, Boule et Bill, Benoit Brisefer, mais aussi d’autres héros de bande dessinée des journaux Tintin et Spirou moins connus comme « Modeste et Pompon » et Félix (dessinés tous les 3 par Attanasio), »Archibald, Dizzy et James » dessinés par Roba. 

Et aussi toute une série de couvercles en noir et blanc représentant des scènes humoristiques dessinées par des dessinateurs de presse comme : Henri Blanc, Kiraz, Bernard Audebert, Barberousse.

 Retrouvez ces objets sur notre site.

Des dessins originaux ?

En bon tintinophile, j’avais reconnu la vignette du capitaine Haddock :c’est tiré du secret de la licorne. Pourtant quelque chose m’a interpellé : les couleurs ne sont pas normales !

Quelle est cette couleur de pantalon ? Ca ne ressemble pas au capitaine !

Et le chevalier de Haddoque tout en rouge ?

Je suis donc aller chercher mes vieux albums tintin pour comparer les couvercles avec les images des albums.

Le résultat en image : cherchez les erreurs !

Différences entre les deux images Haddock

Vous l’aurez remarqué, les couleurs, c’est vraiment n’importe quoi ! Le chevalier de Hadoque a un costume taillé pour Rackam-le-rouge, Haddock porte un pantalon beige très 70’s, Tryphon a un pardessus caca d’oie et un chapeau rouge !

Les expressions des personnages sont aussi un peu modifiées : chez Tonimalt, Haddock semble moins ému et Tournesol moins étonné ! 

Voilà, l’évocation des ces objets anodins mais quasi-quinquagénaires (comme moi) m’auront permis de me replonger dans le passé, à une époque où je buvais du Tonimalt et lisais des bandes dessinées….

 Louis

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Ma petite brocante dans la littérature

Webmaster à temps partiel du site ma-petite-brocante.com, au hasard de mes recherches dans les bas-fonds de Google (car Google permet aussi de faire des recherches sur des livres en papier), je suis tombé sur une citation dans un livre qui m’a interpellé :

Extrait du roman polycarpe coeur de boeuf

Oui, vous avez bien lu : « Il s’agissait d’un coquetier diabolo en faïence de Quimper dégoté parmi les rossignols de son stock et malgré tout estimé trente-cinq euros sur ma petite brocante.com»

 Ça alors, « ma-petite-brocante.com » citée dans un roman !

Je me suis empressé de montrer cela à Graziella, qui était toute fière de sa petite brocante !

 Le roman s’appelle : Polycarpe cœur de bœuf

Polycarpe coeur de boeuf

C’est un roman policier, le tome 6 des aventures de Polycarpe Houle, sorte d’Hercule Poirot rural. Dans cet épisode, Polycarpe enquête sur l’assassinat d’un de ces anciens amis. L’intrigue se déroule pendant une célèbre foire à la tomate…d’où le cœur de bœuf !

C’est Claudine Chollet qui a écrit ce roman. J’ai trouvé cet article sur l’auteur.

En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez accéder au site des aventures de Polycarpe.

C’est sûr, en terme de tirage, ce n’est pas le Goncourt, ni Millenium. Mais ça reste formidable !

Merci donc à Mme Claudine Chollet pour cette citation littéraire qui fera peut-être passer ma petite brocante à la postérité.

Pour finir, j’ai essayé de retrouver le coquetier cité sur le site :il n’y est plus ! Graziella l’a supprimé : elle en a vendu tellement des coquetiers, qu’elle a été obligée de faire le ménage dans ses produits  !

J’aurais bien aimé vous le montrer en photo !

Tant pis, ce coquetier n’est donc maintenant plus qu’une petite partie d’une oeuvre littéraire !

La fiction reste toujours plus belle que la réalité !

Louis

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Figurines du Far West (allemand !!)

Des figurines western

C’est bientôt Noël et j’ai eu envie de parler de ces figurines que Graziella (la brocanteuse de ma-petite-brocante.com) a déniché et qui m’ont intrigué.

Ce sont des figurines en plastique d’environ 6.5 cm représentant des personnages de western. 

Je me suis posé cette question :

Quels sont les personnages représentés ?

Ce n’est pas simplement un indien et un cowboy !

Le personnage habillé comme un indien a les cheveux blancs et n’a pas le type « peau-rouge », ça pourrait être un métis, ou un blanc qui vit comme un indien (comme dans l’excellent film « Un homme nommé Cheval », mais on s’éloigne du sujet…).

Le barbu n’a pas le look du cow-boy classique. son chapeau n’est pas un chapeau de cow-boy (un Stetson), il est petit et un peu rondouillard.

Comment savoir ?

Des figurines Elastolin

Dès que je me pose des questions sur un objet, mon premier réflexe c’est de chercher une marque ou une inscription. En retournant les figurines, on trouve une inscription.

Elastolin Germany !

Une petite recherche sur Google nous apprends que l’Elastolin est à l’origine un matériau composite constitué de caséine de kaolin et de farine de bois ! Ce matériau était utilisé pour créer des figurines comme celles-ci dans les années 30 à 50. C’est aussi la marque déposée par la société allemande Hausser pour distribuer ces figurines à l’origine en Elastolin, et plus tard, à partir des années 50 en matière plastique.

Sur la toile, j’ai appris que la société Hausser, pendant la guerre, a produit des figurines d’Hitler, Göring, Goebbels, Mussolini, Franco. Des trucs qu’on aimerait pas donner à un gamin d’aujourd’hui…

Dans le même article (en anglais), j’ai aussi appris qu’Elastolin, après-guerre a diffusé des figurines d’indiens, de cow-boy et de personnages de Karl May.

Bon sang, mais c’est bien sûr : Far West + Allemand = Karl May !

Karl May

Quand j’étais môme, j’avais déjà entendu parler un peu de Karl May, l’auteur de westerns mettant en scène Old Shatterhand et Winnetou :un cow-boy et un indien. Plus tard, j’ai vu quelques films à la télé: ça passait le mardi soir sur le 3eme chaîne, on me laissait regarder : le mercredi, il n’y avait pas école, et c’était des westerns familiaux, (pas des trucs violent comme les western spaghettis).

Je me suis donc intéressé à ce monsieur Karl May.

Sa vie est un roman : il naît en 1842 dans une famille très pauvre. Il devient aveugle un peu après sa naissance, vraisemblablement à cause de malnutrition. Il retrouve la vue à 5 ans après une opération. Il fait des études, veut devenir enseignant, passe sa licence mais vole la montre d’un camarade et se fait pincer : il passe par la case prison (plusieurs fois pour des petits larcins), il ne peut plus enseigner. Il écrit alors des romans. En 1875, il commence à devenir populaire notamment grâce à un filon extraordinaire : les aventures du chef indien Winnetou et de ses amis Old Shatterhand, Old Surehand, Old  Firehand…

Un peu mythomane, sans jamais avoir mis un pied en Amérique, il décrit un Far-West rêvé depuis le fin fond de la Prusse : la bière allemande coule à flot dans les saloons, les cow-boys ont l’accent allemand… Il raconte ses histoires à la première personne : Old Shatterhand est un allemand au Far-West et son prénom est Karl comme lui !

Il finira un jour par aller en Amérique (en 1908, mais pas plus loin que Buffalo !).

Les romans de Karl May ont été traduits en français (parfois sous le nom francisé de Charles May, entre 1870 et 1945, on a toujours été plus ou moins en guerre avec l’Allemagne), mais il n’ont jamais eu le même succès qu’outre-Rhin !

Dansles années 1960, les aventures de Winnetou ont été portées àl’écran.

Des westerns paprikas

Le western spaghetti, c’est le western italien. Ça a commencé en 1964 avec Sergio Leone « Pour une poignée de dollars ».

Les adaptations de Karl May sont légèrement antérieures.

La première en 1962, « Le trésor du lac d’argent » est une coproduction franco-yougouslave-allemande.

Ces films ont été essentiellement tournés en (ex-)Yougouslavie dans des paysages magnifiques. D’où mon appellation de Western paprika ! Certains préfèrent le terme de western choucroute, mais western paprika me semble de meilleur aloi !

Pierre Brice incarnait Winnetou, il est devenu une star en Allemagne. Lex Barker (qui fut aussi un des Tarzan) était Old Shatterhand. Stewart Granger a cachetonné aussi dans le role d’Old Surehand.

J’aitrouvé un tas d’infos sur le site de Winnetou!

L’identification des deux individus

En poursuivant mes recherches, j’ai réussi à identifier mes deux personnages.

L’indien blanc, c’est Klekhi Petra : un allemand  parti expier ses péchés en s’exilant dans une tribu indienne.

Voici l’acteur qui l’incarnait à l’écran :

Klekhi Petra

Il était incarné par l’acteur yougouslave Hrvoje Svob

Le petit gros, c’est Sam Hawkens : un trappeur, scalpé par les indiens (il porte une perruque), il vient apporter un peu d’humour dans les aventures de Winnetou !

Sam Hawkens

C’est Ralf Wolter qui prêtait ses traits à Sam Hawkens.

Mission accomplie : les deux personnages ont été identifiés.

Jeme pose encore une dernière question, mais peut être un internautepourra-t-il  me renseigner : les figurines sont-ellesantérieures ou postérieures au film ? Je pense qu’elles sontantérieures de quelques années 

En effectuant cette recherche, j’ai appris ce qu’était l’Elastolin, j’ai découvert la vie de Karl May, les aventures de Winnetou, l’épopée du western paprika (ou choucroute)!

Tout cela à partir de 2 figurines pour gosses !

Ah, quel beau métier que celui d’assistant brocanteur !

Louis

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Du travail de poilus

L’artisanat des tranchées

Nous avons célébré il y a quelques jours le centenaire de la fin de la première guerre mondiale. Belle occasion pour évoquer nos poilus ! On rencontre souvent au hasard des brocantes ou des vide-greniers des objets de poilus, appelés aussi « artisanat des tranchées »!

Une belle paire de douilles (de poilu)

La première guerre mondiale a été un conflit très long, les hommes ont été mobilisés très longtemps. Entre les offensives, les poilus ont essayé de s’occuper en fabriquant des objets à partir des matériaux récupérés sur les théâtres des conflits. Avec du laiton, du cuivre et de l’aluminium récupérés sur les douilles de balles ou d’obus, d’éclats d’obus, ils ont fabriqué avec leurs maigres moyens des objets décoratifs pour faire des souvenirs qu’ils rapportaient à l’occasion d’une permission à l’épouse ou à la fiancée restée au pays. 

Ce petit artisanat connut un certain engouement et il se développa un petit commerce autour de ces objets. Des marchands achetaient aux poilus les objets qu’ils fabriquaient, ce qui leur permettait d’améliorer leur ordinaire. Parfois les objets étaient directement échangés contre un litron de pinard ou de gnôle ou un paquet de tabac.

Leur appellation d’artisanat des tranchées est un peu excessive. Dans la tranchée, le poilu essayait surtout de rester en vie. Ces objet sont plus souvent été fabriqués dans des camps situés en seconde ligne, ou par des poilus blessés ou mutilés. Mais ils étaient bien fabriqués par des soldats.

Des objets très variés

Ces objets sont très variés et d’inspiration très diverses !

A cette époque, un homme, un vrai, un poilu, ça fume ! Du gris, que l’on prend dans ses doigts et qu’on roule ! C’est pourquoi les poilus ont souvent fabriqué des objets de fumeur, comme des tabatières,des pyrogènes de poche (une petite boite avec un grattoir destiné à contenir des allumettes). Des briquets, mais il s’agit généralement d’objets plus imposants qu’aujourd’hui, des briquets « de table » réalisés à partir de douille de petits obus.

Briquet de poilu

Le courrier était important pour les poilus, c’était leur seul lien avec l’être aimé, la famille ou le village natal. C’est pourquoi, on rencontre souvent des coupe-papiers ou ouvre-lettres.

Coupe-papier ou ouvre-lettres

Des objets décoratifs : le vase fabriqué à partir de douilles d’obus est un grand classique, souvent décoré de motifs de fleurs un peu naïfs, d’inspiration art nouveau.

Paire de vases

Pour le bureau, on fabriquait des encriers, des portes plumes avec des douilles de balles.

On rencontre parfois des objets religieux, calvaire, crucifix. 

Le bijou à la mode, à cette époque est la bague de poilu, qui est un objet assez simple à fabriquer, que l’on gravait au nom ou aux initiales de sa fiancée.

Tous ces objets ont été dénichés sur le site de ma-petite-brocante.com

Objets de poilus sur ma-petite-brocante.com

Voici quelques liens très intéressants sur l’artisanat des tranchées :

L’artisanat des tranchées sur le site bleu horizon

Plein d’objets de poilus sur le site artisanat-de-tranchées.fr

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Touche pas à mon poste !

Encore un objet bien curieux présenté cette semaine.

Vu de l’extérieur, c’est un joli coffret en bois, décoré d’un paysage des Alpes hongroises…

Lorsque on ouvre le coffret, on y trouve…

Ce bel objet est un récepteur à galène. Ce type de récepteur permettait de recevoir les émissions de radio (on disait à l’époque T.S.F) diffusées depuis la Tour Eiffel à partir des années 20, puis plus tard par d’autres émetteurs. Souvent vendu sous forme de «kit», il était assez simple pour un bricoleur de monter son propre poste à galène à un prix très accessible. C’est sûrement ce qui a dû se passer dans ce cas : un bricoleur avait une jolie boîte en bois, il a décidé d’y monter son récepteur dedans !

La composition d’un tel récepteur est très simple et le nombre de composants réduit :

Entre les deux bornes de gauche (sur la photo), il fallait placer une antenne, une inductance (bobine) et un condensateur.

Le détecteur que l’on voit au milieu est constitué autour d’un cristal de galène (minerai) sur lequel appuie une pointe métallique au bout d’un ressort. L’ensemble constitue ce que l’on appelle aujourd’hui une diode.

Un casque d’écoute se branchait entre les deux bornes de droite.

Ce récepteur fonctionne sans pile ni secteur, l’énergie très faible de l’onde radio reçue par l’antenne est transformée en onde sonore. L’écoute ne pouvait se faire qu’à travers un casque. Pour obtenir une réception suffisante, il était nécessaire d’utiliser de très grandes antennes, souvent constituées de fil électrique d’une vingtaine de mètres de long. Sur les récepteurs les plus simples, il n’y a pas de condensateur d’accord, c’est donc la station reçue la plus forte que l’on entend. Après 1930, les postes à tubes (lampes) alimentés sur le secteur et permettant une écoute plus«familiale » se démocratisent. Après 1955, les premiers récepteurs à transistor font entrer la radio dans une ère nouvelle.

Pour accéder à la description complète de cet objet avec des photos supplémentaires : le récepteur à galène sur le site de ma-petite-brocante

Pour aller plus loin dans la théorie de la réception radio : le récepteur à cristal sur wikipedia

 Adoptez la brocantitude !

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Un objet mystérieux…nommé SUXON

C’est un objet bien mystérieux que nous vous proposons aujourd’hui…

Essayez de deviner de quoi il s’agit à partir des indices fournis.

Indices :

·         Je suis une brosse mais je n’ai pas de poils !

·         On me frotte avant de m’utiliser,

·         Je n’utilise ni batterie, ni pile, ni prise de courant et pourtant je fonctionne avec de l’électricité !

L’objet mystère

Réponse : la brosse électrostatique

Cet objet mystérieux est une brosse électrostatique SUXON. Son principe est simple : un morceau d’ébonite (résine noire) est fixé sur un support en bois qui sert de manche. Avant d’utiliser la brosse SUXON, l’utilisateur frotte la partie noire avec la petite brosse en feutre fournie ce qui a pour effet de la «charger électriquement» : elle attire ainsi toutes les poussières par influence électrostatique.
Cocorico, cet objet était fabriqué en France, ainsi que l’atteste l’étiquette présente sur la boite d’origine et l’étiquette présente sur la brosse !

Il est difficile de dater cet objet mais il doit être antérieur aux années 1950.

Voici l’illustration du prospectus d’origine :


Le texte du prospectus est ici :


SUXON est bien un véritable aspirateur électrostatique. Soyez moderne, ne brossez plus, c’est-à-dire, ne déplacez pas uniquement la poussière ; seul un aspirateur l’enlève véritablement, c’est bien le cas de SUXON.
Le principe de SUXON est vieux comme le monde ; en effet, depuis toujours on connaît le phénomène de l’attraction électrostatique de l’ébonite, sur toutes les particules et, en particulier, sur les poussières ambiantes. Tous les écoliers et écolières ont fait cette expérience en se servant d’un manche de porte-plume en ébonite frottés et quelques morceaux de papier déchirés menus.
SUXON remplace avantageusement les lourds et coûteux aspirateurs électriques ; à cause de ces dimensions très réduites et de sa forme particulièrement étudiée, SUXON passe partout et va dénicher la poussière dans les coins les moins accessibles.
SUXON est toujours prêt à servir, sans courant, sans mécanisme ; de plus SUXON est garanti 10 ans.
SUXON absorbe par simple frottement toutes les poussières, les nids de vermine, les bactéries. Quand l’objet que vous dépoussiérez est vraiment propre, les rainures de SUXON apparaissent alors nettes.

SUXON se recommande particulièrement pour le nettoyage des Tapis, Coussins, tentures, Rideaux, Sièges rembourrés et Sièges d’auto, Literie, Billards, etc…
SUXON est en vente dans les Grands Magasins, des Pharmacies, les magasins spéciaux pour brosserie et articles d’entretien, etc…
Marque et modèle déposés sous le N°32.820
Diplôme de Médaille d’Or, Exposition des arts au Foyer, PARIS
SE MEFIER DES CONTREFACONS

Cet objet amusant, en bon état de conservation a été déniché par ma-petite-brocante.com.
Vous le trouverez en suivant ce lien : brosse électrostatique SUXON

D’autres objets insolites sont disponibles sur ce site de brocante en ligne !

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La véritable histoire des tasses Mobil

Cet article a initialement été publié sur le premier blog de ma petite brocante en 2010 (midiblog). Ce service ayant fermé, nous le reproduisons ici.

Les tasses Mobil

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre…

En ce temps-là, en France, on achetait de l’essence dans des vraies stations-services. C’étaient des stations pas des petites infrastructures sur des parkings d’hypermarché. Il y avait un pompiste et une boutique où l’on allait payer. Il y en avait beaucoup plus que maintenant et il y avait plusieurs marques. Pour fidéliser leur clientèle, les stations services distribuaient des points de fidélité à chaque fois que l’on faisait le plein. En cumulant plusieurs points, on avait droit à un cadeau.

Tasse mobil

Dans les années 70, les stations Mobil offraient de la vaisselle. En particulier des tasses (aujourd’hui on dirait plutôt des mugs), avec un décor très pop et des couleurs tout aussi assorties, complètement dans l’air du temps de cette époque.

Ces tasses ont eu un très gros succès. On en trouvait dans toutes les familles.

On en rencontre souvent au hasard des brocantes et vous en trouverez sur mon site marchand :

Les tasses Mobil sur le site de ma petite brocante

C’est un exemple type du design des années 70.

Sur de nombreux sites internet, ces tasses vintage ont été attribuées à Richard Sapper.

Ce célèbre designer n’a rien à voir avec la tasse Mobil et ma petite brocante tient à rendre à César ce qui appartient à César !

Le créateur de ces tasses s’appelle Jean-Charles Meunier, il a aujourd’hui 70 ans, il est originaire du nord de la France. Mais laissons-le raconter lui-même l’histoire de la création de cemodèle.

J-C Meunier, créateur des tasses Mobil

Histoire de la création de la tasse Mobil

A propos de la tasse « Mobil », je fais donc le plus court possible pour vous rapporter avec plaisir cette naissance que j’ai vécue « plein pot » en 1972. 

Arrivant en droite ligne de mon Nord natal, « j’ai atterri » rue d’Alésia à Paris, à « l’Atelier 24 » dirigé par 2 graphistes associés, Claude Maurel et Claude Niclas. Je devenais donc le 3ème dessinateur, mais non associé.

Un jour, il y a eu un affolement au studio. Il fallait d’urgence créer un motif floral destiné à un support de cuisine (sans savoir lequel) pour un « gros client budget »,lequel client avait choisi l’Atelier 24 pour le représenter à un concours hors norme. 
Après plusieurs esquisses, rien de valable ne sortait du studio. Et puis, l’échéance arrivant, Claude Maurel a décidé tout à coup de m’envoyer présenter le fameux « dessin merdique » que j’avais « pondu » sans conviction et même pas fini.Selon lui, c’était honteux de présenter un projet bâclé de la sorte, d’autant plus que la concurrence était acharnée… avec des très beaux dessins fignolés à l’appui.


Bref, aujourd’hui les collectionneurs semblent s’arracher cette toute simple tasse Mobil pourvue d’un tout simple dessin né d’un manque d’imagination notoire!

Je me souviens forcément de l’hôtel Intercontinental où l’on m’a accueilli.  C’est le directeur en personne qui a réceptionné le paquet devant moi. Et en se dirigeant vers la salle d’exposition pour y découvrir le dessin, il n’a pas pu s’empêcher de sourire en ajoutant quelques quolibets à l’égard de notre équipe s’assurant au passage que je représentais bien l’Atelier 24, sinon l’auteur lui-même…

Bien plus tard, c’est en se tordant de rires que Claude Maurel m’a appris joyeusement qu’on avait retenu « mon dessin de merde pour Mobil », s’était-il esclaffé.

Ce jour-là, avec « les 2 Claude »,  Maurel et Niclas, j’ai bien ri  aussi et on a bu un bon coup pour cet événement inattendu. J’ai cru que les 2 associés plaisantaient vraiment jusqu’à ce que je découvre les bons d’essence/cadeaux des stations Mobil… où j’ai pu voir tout étonné « mon dessin » et gagner des tasses!!

Voila, c’était la petite histoire des tasses Mobil. N’hésitez plus à chiner ces beaux objets, adoptez la brocantitude !

Une collection de tasses Mobil

Graziella

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Un peu de patience…

L’objet présenté aujourd’hui est un objet tout simple : une petite planchette de bois avec une rainure et un trou.

Avec cet objet aussi, on peut jouer aux devinettes. Voici les indices, à vous de découvrir le nom et la fonction de cet objet…

Indices : 

  • Je faisait partie du barda du soldat,
  • je contribue au prestige de l’uniforme,
  • mon nom est celui d’une vertu, mais aussi d’un jeu de cartes que l’on joue en solitaire…
Patience à boutons, planchette trouée

Réponse : la patience (à boutons) 

Cette petite planchette munie d’une rainure permettait aux soldats d’astiquer les boutons en cuivre de leur uniforme sans salir le tissu. On utilisait en effet une pâte assez grasse pour astiquer le cuivre. Tous les boutons d’une même rangée étaient insérés un à un dans le trou puis descendaient dans la rainure, il était ainsi possible de nettoyer en une seule fois tous les boutons de la veste.

Voiciune photo de l’objet « en situation » :

Patience en situation avec veste militaire

Les soldats inscrivaient sur leur patience leur nom et/ou leur numéro de matricule, certains y faisait des décorations. On peut lire un numéro de matricule sur cet objet : 3004 ! La photo n’est pas très nette mais on arrive à le lire !

Détail numéro de matricule

Cet objet, chiné par ma-petite-brocante est visible ici : patience

Cet objet daterait de la première guerre mondiale et faisait partie du barda réglementaire du poilu ainsi qu’on peut le voir sur le site suivant (plein de détails passionnants sur ce site).

Le barda du poilu !

Plein d’autres objets insolites sur ma-petite-brocante, site de brocante en ligne !

C’est aussi cela la brocantitude !

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Clic clac … Kodak !

Le bel objet ancien que nous vous présentons aujourd’hui est un appareil photo vintage Kodak.

folding1

La référence est « N°2 Folding Hawk Eye Model B » par Eastmann Kodak, made in USA.

Le terme folding vient du verbe anglais to fold : plier. En effet, cet appareil est équipé d’un soufflet qui se replie totalement et vient se loger dans le corps du boîtier. L’appareil replié tient alors dans son étui en cuir que l’on peut tenir en bandoulière. Idéal pour partir en voyage !

Folding2

ancien-appareil-photo-folding-hawk-eye-n2-model-b-eastman-kodak (2)

La mise au point peut se faire de 2 à 30 m en jouant sur la longueur du soufflet (4 crans repérés par des graduations 2m, 3m, 9m, 30m). Un prisme orientable situé au dessus de l’objectif permet de faire la visée en mode portrait comme en mode paysage.

D’après les informations recueillies sur le lien suivant, cet appareil daterait de 1930 (ce site est un vrai musée de l’appareil photo ancien !).

Lien vers le site collection-appareils.fr

Ce type d’appareil était très à la mode dans les années 1930, ainsi qu’ Hergé nous le montre dans Tintin en Amérique (remarquez l’étui de l’appareil à la ceinture de Tintin!). Le folding (Kodak) est donc l’appareil du plus célèbre des reporters des années 30 !

 

Tintin

Cet appareil photo utilisait des films « 120 ». Il s’agit de négatifs au format 6×9 cm. Le tirage sur papier pouvait se faire sans agrandissement.

Et n’oubliez pas, comme le disait la publicité : c’est un Kodak qu’ils désirent !

kodak

Bien sûr, tout cela n’a plus rien à voir avec nos appareils photos numériques. Avec l’argentique : de belles photos en noir et blanc, pas de pixels. C’est aussi cela la brocantitude !

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Histoire d’un objet : la médaille de B. Lassus

C’est l’histoire d’un objet un peu particulier. Une médaille du journalisme. Cet objet a été déniché à l’occasion d’une vente aux enchères dans une maison (une succession).

Cette médaille possède encore son écrin d’origine.

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Sur l’avers (la face principale pour les néophites) une très belle gravure de R. Cochet

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Sur le revers l’inscription Benjamin Lassus 1849-1949

Sur la tranche de la médaille, l’inscription : « Hommage du syndicat de la presse parisienne ».

Ce bel objet induit de nombreuses questions : Quelle est cette médaille? Qui en était le récipiendaire ?

Heureusement internet, est une vrai mine d’informations.

La signature R. Cochet : des recherches nous apprennent qu’il s’agit de Robert Cochet, un graveur qui réalisa de nombreuses médailles et monnaies. On trouvera des infos sur cet artiste en suivant ce lien :

Robert Cochet graveur

Peu d’informations disponibles sur internet sur la médaille elle-même. L’analyse de l’objet nous apprends que c’est une médaille du journalisme, délivrée par le syndicat de la presse parisienne, vraisemblablement en 1949 (ce qui correspond à l’apogée de la carrière de notre graveur).

Si un lecteur a des infos sur cette médaille, qu’il laisse un commentaire pour nous en apprendre davantage.

Et ce Benjamin Lassus ? Qui était -il ? Et cette date 1849-1949 : un centenaire ?

Google est peu bavard sur cet homme. En cherchant bien, on trouve un extrait d’un vieux journal sur le net : l’impartial, journal local de la Chaux-de-fond, daté du 8 février 1952.

C’est un entrefilet, un petit article sans prétention que l’on place pour boucler une édition, pour faire du remplissage :

Benj_Lassus

Et voilà, un illustre inconnu a été identifié. Ce Benjamin Lassus est né en 1849, il a été journaliste. Pour ces 100 ans, on a décidé de lui octroyer la médaille du journalisme, il devait être le doyen des journalistes français. En tout cas, il l’était à sa mort à 103 ans ! Pas mal pour un ancien combattant de 1870 !

C’est très amusant de retrouver l’histoire d’un objet et d’une personne à partir de 3 fois rien.

Ce bel objet est en vente sur le site de ma petite brocante :

La médaille de B Lassus

 

C’est aussi cela la brocantitude, retrouver les histoires des objets anciens !

Vive la brocante en ligne !!