Figurines du Far West (allemand !!)

Des figurines western

C’est bientôt Noël et j’ai eu envie de parler de ces figurines que Graziella (la brocanteuse de ma-petite-brocante.com) a déniché et qui m’ont intrigué.

Ce sont des figurines en plastique d’environ 6.5 cm représentant des personnages de western. 

Je me suis posé cette question :

Quels sont les personnages représentés ?

Ce n’est pas simplement un indien et un cowboy !

Le personnage habillé comme un indien a les cheveux blancs et n’a pas le type « peau-rouge », ça pourrait être un métis, ou un blanc qui vit comme un indien (comme dans l’excellent film « Un homme nommé Cheval », mais on s’éloigne du sujet…).

Le barbu n’a pas le look du cow-boy classique. son chapeau n’est pas un chapeau de cow-boy (un Stetson), il est petit et un peu rondouillard.

Comment savoir ?

Des figurines Elastolin

Dès que je me pose des questions sur un objet, mon premier réflexe c’est de chercher une marque ou une inscription. En retournant les figurines, on trouve une inscription.

Elastolin Germany !

Une petite recherche sur Google nous apprends que l’Elastolin est à l’origine un matériau composite constitué de caséine de kaolin et de farine de bois ! Ce matériau était utilisé pour créer des figurines comme celles-ci dans les années 30 à 50. C’est aussi la marque déposée par la société allemande Hausser pour distribuer ces figurines à l’origine en Elastolin, et plus tard, à partir des années 50 en matière plastique.

Sur la toile, j’ai appris que la société Hausser, pendant la guerre, a produit des figurines d’Hitler, Göring, Goebbels, Mussolini, Franco. Des trucs qu’on aimerait pas donner à un gamin d’aujourd’hui…

Dans le même article (en anglais), j’ai aussi appris qu’Elastolin, après-guerre a diffusé des figurines d’indiens, de cow-boy et de personnages de Karl May.

Bon sang, mais c’est bien sûr : Far West + Allemand = Karl May !

Karl May

Quand j’étais môme, j’avais déjà entendu parler un peu de Karl May, l’auteur de westerns mettant en scène Old Shatterhand et Winnetou :un cow-boy et un indien. Plus tard, j’ai vu quelques films à la télé: ça passait le mardi soir sur le 3eme chaîne, on me laissait regarder : le mercredi, il n’y avait pas école, et c’était des westerns familiaux, (pas des trucs violent comme les western spaghettis).

Je me suis donc intéressé à ce monsieur Karl May.

Sa vie est un roman : il naît en 1842 dans une famille très pauvre. Il devient aveugle un peu après sa naissance, vraisemblablement à cause de malnutrition. Il retrouve la vue à 5 ans après une opération. Il fait des études, veut devenir enseignant, passe sa licence mais vole la montre d’un camarade et se fait pincer : il passe par la case prison (plusieurs fois pour des petits larcins), il ne peut plus enseigner. Il écrit alors des romans. En 1875, il commence à devenir populaire notamment grâce à un filon extraordinaire : les aventures du chef indien Winnetou et de ses amis Old Shatterhand, Old Surehand, Old  Firehand…

Un peu mythomane, sans jamais avoir mis un pied en Amérique, il décrit un Far-West rêvé depuis le fin fond de la Prusse : la bière allemande coule à flot dans les saloons, les cow-boys ont l’accent allemand… Il raconte ses histoires à la première personne : Old Shatterhand est un allemand au Far-West et son prénom est Karl comme lui !

Il finira un jour par aller en Amérique (en 1908, mais pas plus loin que Buffalo !).

Les romans de Karl May ont été traduits en français (parfois sous le nom francisé de Charles May, entre 1870 et 1945, on a toujours été plus ou moins en guerre avec l’Allemagne), mais il n’ont jamais eu le même succès qu’outre-Rhin !

Dansles années 1960, les aventures de Winnetou ont été portées àl’écran.

Des westerns paprikas

Le western spaghetti, c’est le western italien. Ça a commencé en 1964 avec Sergio Leone « Pour une poignée de dollars ».

Les adaptations de Karl May sont légèrement antérieures.

La première en 1962, « Le trésor du lac d’argent » est une coproduction franco-yougouslave-allemande.

Ces films ont été essentiellement tournés en (ex-)Yougouslavie dans des paysages magnifiques. D’où mon appellation de Western paprika ! Certains préfèrent le terme de western choucroute, mais western paprika me semble de meilleur aloi !

Pierre Brice incarnait Winnetou, il est devenu une star en Allemagne. Lex Barker (qui fut aussi un des Tarzan) était Old Shatterhand. Stewart Granger a cachetonné aussi dans le role d’Old Surehand.

J’aitrouvé un tas d’infos sur le site de Winnetou!

L’identification des deux individus

En poursuivant mes recherches, j’ai réussi à identifier mes deux personnages.

L’indien blanc, c’est Klekhi Petra : un allemand  parti expier ses péchés en s’exilant dans une tribu indienne.

Voici l’acteur qui l’incarnait à l’écran :

Klekhi Petra

Il était incarné par l’acteur yougouslave Hrvoje Svob

Le petit gros, c’est Sam Hawkens : un trappeur, scalpé par les indiens (il porte une perruque), il vient apporter un peu d’humour dans les aventures de Winnetou !

Sam Hawkens

C’est Ralf Wolter qui prêtait ses traits à Sam Hawkens.

Mission accomplie : les deux personnages ont été identifiés.

Jeme pose encore une dernière question, mais peut être un internautepourra-t-il  me renseigner : les figurines sont-ellesantérieures ou postérieures au film ? Je pense qu’elles sontantérieures de quelques années 

En effectuant cette recherche, j’ai appris ce qu’était l’Elastolin, j’ai découvert la vie de Karl May, les aventures de Winnetou, l’épopée du western paprika (ou choucroute)!

Tout cela à partir de 2 figurines pour gosses !

Ah, quel beau métier que celui d’assistant brocanteur !

Louis

Touche pas à mon poste !

Encore un objet bien curieux présenté cette semaine.

Vu de l’extérieur, c’est un joli coffret en bois, décoré d’un paysage des Alpes hongroises…

Lorsque on ouvre le coffret, on y trouve…

Ce bel objet est un récepteur à galène. Ce type de récepteur permettait de recevoir les émissions de radio (on disait à l’époque T.S.F) diffusées depuis la Tour Eiffel à partir des années 20, puis plus tard par d’autres émetteurs. Souvent vendu sous forme de «kit», il était assez simple pour un bricoleur de monter son propre poste à galène à un prix très accessible. C’est sûrement ce qui a dû se passer dans ce cas : un bricoleur avait une jolie boîte en bois, il a décidé d’y monter son récepteur dedans !

La composition d’un tel récepteur est très simple et le nombre de composants réduit :

Entre les deux bornes de gauche (sur la photo), il fallait placer une antenne, une inductance (bobine) et un condensateur.

Le détecteur que l’on voit au milieu est constitué autour d’un cristal de galène (minerai) sur lequel appuie une pointe métallique au bout d’un ressort. L’ensemble constitue ce que l’on appelle aujourd’hui une diode.

Un casque d’écoute se branchait entre les deux bornes de droite.

Ce récepteur fonctionne sans pile ni secteur, l’énergie très faible de l’onde radio reçue par l’antenne est transformée en onde sonore. L’écoute ne pouvait se faire qu’à travers un casque. Pour obtenir une réception suffisante, il était nécessaire d’utiliser de très grandes antennes, souvent constituées de fil électrique d’une vingtaine de mètres de long. Sur les récepteurs les plus simples, il n’y a pas de condensateur d’accord, c’est donc la station reçue la plus forte que l’on entend. Après 1930, les postes à tubes (lampes) alimentés sur le secteur et permettant une écoute plus«familiale » se démocratisent. Après 1955, les premiers récepteurs à transistor font entrer la radio dans une ère nouvelle.

Pour accéder à la description complète de cet objet avec des photos supplémentaires : le récepteur à galène sur le site de ma-petite-brocante

Pour aller plus loin dans la théorie de la réception radio : le récepteur à cristal sur wikipedia

 Adoptez la brocantitude !

Un objet mystérieux…nommé SUXON

C’est un objet bien mystérieux que nous vous proposons aujourd’hui…

Essayez de deviner de quoi il s’agit à partir des indices fournis.

Indices :

·         Je suis une brosse mais je n’ai pas de poils !

·         On me frotte avant de m’utiliser,

·         Je n’utilise ni batterie, ni pile, ni prise de courant et pourtant je fonctionne avec de l’électricité !

L’objet mystère

Réponse : la brosse électrostatique

Cet objet mystérieux est une brosse électrostatique SUXON. Son principe est simple : un morceau d’ébonite (résine noire) est fixé sur un support en bois qui sert de manche. Avant d’utiliser la brosse SUXON, l’utilisateur frotte la partie noire avec la petite brosse en feutre fournie ce qui a pour effet de la «charger électriquement» : elle attire ainsi toutes les poussières par influence électrostatique.
Cocorico, cet objet était fabriqué en France, ainsi que l’atteste l’étiquette présente sur la boite d’origine et l’étiquette présente sur la brosse !

Il est difficile de dater cet objet mais il doit être antérieur aux années 1950.

Voici l’illustration du prospectus d’origine :


Le texte du prospectus est ici :


SUXON est bien un véritable aspirateur électrostatique. Soyez moderne, ne brossez plus, c’est-à-dire, ne déplacez pas uniquement la poussière ; seul un aspirateur l’enlève véritablement, c’est bien le cas de SUXON.
Le principe de SUXON est vieux comme le monde ; en effet, depuis toujours on connaît le phénomène de l’attraction électrostatique de l’ébonite, sur toutes les particules et, en particulier, sur les poussières ambiantes. Tous les écoliers et écolières ont fait cette expérience en se servant d’un manche de porte-plume en ébonite frottés et quelques morceaux de papier déchirés menus.
SUXON remplace avantageusement les lourds et coûteux aspirateurs électriques ; à cause de ces dimensions très réduites et de sa forme particulièrement étudiée, SUXON passe partout et va dénicher la poussière dans les coins les moins accessibles.
SUXON est toujours prêt à servir, sans courant, sans mécanisme ; de plus SUXON est garanti 10 ans.
SUXON absorbe par simple frottement toutes les poussières, les nids de vermine, les bactéries. Quand l’objet que vous dépoussiérez est vraiment propre, les rainures de SUXON apparaissent alors nettes.

SUXON se recommande particulièrement pour le nettoyage des Tapis, Coussins, tentures, Rideaux, Sièges rembourrés et Sièges d’auto, Literie, Billards, etc…
SUXON est en vente dans les Grands Magasins, des Pharmacies, les magasins spéciaux pour brosserie et articles d’entretien, etc…
Marque et modèle déposés sous le N°32.820
Diplôme de Médaille d’Or, Exposition des arts au Foyer, PARIS
SE MEFIER DES CONTREFACONS

Cet objet amusant, en bon état de conservation a été déniché par ma-petite-brocante.com.
Vous le trouverez en suivant ce lien : brosse électrostatique SUXON

D’autres objets insolites sont disponibles sur ce site de brocante en ligne !

La véritable histoire des tasses Mobil

Cet article a initialement été publié sur le premier blog de ma petite brocante en 2010 (midiblog). Ce service ayant fermé, nous le reproduisons ici.

Les tasses Mobil

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre…

En ce temps-là, en France, on achetait de l’essence dans des vraies stations-services. C’étaient des stations pas des petites infrastructures sur des parkings d’hypermarché. Il y avait un pompiste et une boutique où l’on allait payer. Il y en avait beaucoup plus que maintenant et il y avait plusieurs marques. Pour fidéliser leur clientèle, les stations services distribuaient des points de fidélité à chaque fois que l’on faisait le plein. En cumulant plusieurs points, on avait droit à un cadeau.

Tasse mobil

Dans les années 70, les stations Mobil offraient de la vaisselle. En particulier des tasses (aujourd’hui on dirait plutôt des mugs), avec un décor très pop et des couleurs tout aussi assorties, complètement dans l’air du temps de cette époque.

Ces tasses ont eu un très gros succès. On en trouvait dans toutes les familles.

On en rencontre souvent au hasard des brocantes et vous en trouverez sur mon site marchand :

Les tasses Mobil sur le site de ma petite brocante

C’est un exemple type du design des années 70.

Sur de nombreux sites internet, ces tasses vintage ont été attribuées à Richard Sapper.

Ce célèbre designer n’a rien à voir avec la tasse Mobil et ma petite brocante tient à rendre à César ce qui appartient à César !

Le créateur de ces tasses s’appelle Jean-Charles Meunier, il a aujourd’hui 70 ans, il est originaire du nord de la France. Mais laissons-le raconter lui-même l’histoire de la création de cemodèle.

J-C Meunier, créateur des tasses Mobil

Histoire de la création de la tasse Mobil

A propos de la tasse « Mobil », je fais donc le plus court possible pour vous rapporter avec plaisir cette naissance que j’ai vécue « plein pot » en 1972. 

Arrivant en droite ligne de mon Nord natal, « j’ai atterri » rue d’Alésia à Paris, à « l’Atelier 24 » dirigé par 2 graphistes associés, Claude Maurel et Claude Niclas. Je devenais donc le 3ème dessinateur, mais non associé.

Un jour, il y a eu un affolement au studio. Il fallait d’urgence créer un motif floral destiné à un support de cuisine (sans savoir lequel) pour un « gros client budget »,lequel client avait choisi l’Atelier 24 pour le représenter à un concours hors norme. 
Après plusieurs esquisses, rien de valable ne sortait du studio. Et puis, l’échéance arrivant, Claude Maurel a décidé tout à coup de m’envoyer présenter le fameux « dessin merdique » que j’avais « pondu » sans conviction et même pas fini.Selon lui, c’était honteux de présenter un projet bâclé de la sorte, d’autant plus que la concurrence était acharnée… avec des très beaux dessins fignolés à l’appui.


Bref, aujourd’hui les collectionneurs semblent s’arracher cette toute simple tasse Mobil pourvue d’un tout simple dessin né d’un manque d’imagination notoire!

Je me souviens forcément de l’hôtel Intercontinental où l’on m’a accueilli.  C’est le directeur en personne qui a réceptionné le paquet devant moi. Et en se dirigeant vers la salle d’exposition pour y découvrir le dessin, il n’a pas pu s’empêcher de sourire en ajoutant quelques quolibets à l’égard de notre équipe s’assurant au passage que je représentais bien l’Atelier 24, sinon l’auteur lui-même…

Bien plus tard, c’est en se tordant de rires que Claude Maurel m’a appris joyeusement qu’on avait retenu « mon dessin de merde pour Mobil », s’était-il esclaffé.

Ce jour-là, avec « les 2 Claude »,  Maurel et Niclas, j’ai bien ri  aussi et on a bu un bon coup pour cet événement inattendu. J’ai cru que les 2 associés plaisantaient vraiment jusqu’à ce que je découvre les bons d’essence/cadeaux des stations Mobil… où j’ai pu voir tout étonné « mon dessin » et gagner des tasses!!

Voila, c’était la petite histoire des tasses Mobil. N’hésitez plus à chiner ces beaux objets, adoptez la brocantitude !

Une collection de tasses Mobil

Graziella