Des affiches à l’école

Une affiche pédagogique

Graziella a mis à la vente récemment de belles affiches scolaires Rossignol, regardez :

Vous pouvez en trouver d’autres sur le site en cliquant ici.

J’adore ces affiches scolaires. Ça a un petit côté vieillot, ça sent la craie et la colle à papier, l’école de notre enfance, la leçon de choses …  Du coup, j’avais envie de vous parler un peu des affiches scolaires…

Histoire de la décoration scolaire

A la fin du XIXe siècle, les livres d’école n’avaient pas d’images, et les affiches permettaient au maître d’école d’illustrer une leçon de manière plus vivante. Victor Duruy, ministre de l’Instruction Publique sous le Second Empire déclarait « Je voudrais que les murailles de nos 70000 écoles fussent couvertes, du haut en bas d’images ». Plus tard, Jules Ferry créera en 1879 la Commission de la décoration des écoles.

Les affiches scolaires étaient conformes aux valeurs que transmettaient les instituteurs, ces hussards noirs de la République. Elles mettaient en valeur, le travail et les métiers, les richesses de la France et de son empire colonial, les progrès technologiques d’une nation en marche vers la modernité.

Admirez par exemple cette représentation de la bataille de Valmy. Remarquez le moulin au second plan !

C’est important, c’est la première victoire de l’armée de la République ! Et c’est l’armée du peuple !

Maintenant, je suis aussi tombé sur cette affiche :

C’est Saint Vincent de Paul. Je pense que cette affiche était plutôt destinée aux écoles privées ! Pas assez laïque à mon avis.

Affiches seventies

Graziella a aussi des affiches plus récentes, des années 70. Les affiches sont moins réalistes, plus pop, et aujourd’hui, vintage !

On y rencontre Daniel et Valérie ou Rémi et Colette.

Je vous présente Rémi et Colette, avec leur maman :

Daniel et Valérie au salon de thé :

Ces images me sont familières, ce sont celles que je voyais quand j’étais écolier.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, on rencontre moins d’affiches dans les écoles. Dans les années 70 le projecteur de diapositives a fait sa rentrée à l’école, et puis l’écran de télévision, le vidéoprojecteur, et maintenant, le tableau blanc interactif ! Et les enfants ont des iPad !

C’est génial toutes ces inventions, mais c’était quand même chouette ces affiches d’antan !

Pour aller plus loin

Si le sujet vous plait, allez donc faire un tour sur ce site d’un passionné d’affiches scolaires.

 Et n’hésitez pas à flâner sur le site de ma-petite-brocante, Graziella en propose de temps en temps car elle adore les chiner. C’est sympa comme déco !

 Bon, allez jouer dans la cour les enfants, c’est l’heure de la récréation…

Maître Louis.

Un peu de géopolitique (avec une boîte de cubes)

Une boîte de cubes…

Aujourd’hui, Graziella m’a montré une jolie boîte de cubes :  » Tiens,essaye de me dater cette boîte, avec les cartes, tu devrais y arriver, moi j’ai pas trop le temps… »

Boite de cubes

La boîte est à la vente sur le site.

La boite est jolie, elle permet de réaliser 6 figures différentes : la France, l’Europe, l’Asie, l’Amérique, l’Afrique, et une mappemonde qui représente la terre. Pour l’Océanie, pas de carte : ils devaient manquer d’encre bleue 😉 .

Comment dater cet objet ? C’est simple, la carte (politique) de la France et du globe évoluant au cours du temps, on doit pouvoir dater une carte à partir de son contenu !

La carte de France

J’ai commencé par analyser la carte de la France. 

Carte de France ancienne

Un bref coup d’œil sur quelques départements me montre qu’elle ne date pas d’aujourd’hui : Basses Alpes, Basses Pyrénées, Côtes du Nord, Loire inférieure, Seine inférieure, Seine et Oise. Un bref coup d’oeil sur Wikipédia m’apprend les dates de changement de nom de ces départements :  Basses Alpes : 1970, Basses Pyrénées :1969, Cotes du Nord : 1990, Loire inférieure : 1957, Seine-inférieure : 1955, Seine et Oise : 1968.

J’aurais bien regardé si la Corse était divisé en un ou deux départements, mais ils ne l’ont même pas mis !

Verdict : la boite est antérieure à 1955 !

En regardant de plus près, je constate que l’Alsace et la Lorraine sont confondues !

Alsace et Lorraine sur carte ancienne

En y regardant bien, Metz et Strasbourg sont de l’autre coté de la frontière. Vous remarquerez qu’elle ne sont pas coloriées comme l’Allemagne ! Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine !

La carte de l’Europe

Je regarde alors la carte de l’Europe !

Carte ancienne de l'Europe

Alors là, ça change pas mal de ce qu’on connait aujourd’hui : Empire Allemand, Autriche-Hongrie !

Plus de doutes,  nous sommes entre 1871 et 1918 !

On arrive à dater notre boîte à 50 ans près ! 

Mais quand même, j’aimerais bien savoir : elle est fin XIXème ou début XXème cette boite de cube ?

L’Afrique et l’Amérique

Tant qu’à faire, regardons les autres cartes : l’Afrique et l’Amérique.

On commence par l’Afrique:

Carte ancienne Afrique

On est en pleine géographie vintage : Soudan français, Afrique orientale allemande, Est africain portugais, Etat indépendant du Congo, et j’en passe.

Wikipedia toujours : état indépendant du Congo : 1885 – 1908. La fourchette se resserre : 23 ans près, mais toujours pas moyen de savoir si cette fichue boîte de cubes date de la fin du XIXème ou du début du XXème siècle !

Passons à l’Amérique !

Carte ancienne Amérique

Pas de Canada mais une Amérique anglaise ! La Patagonie est un état séparé de l’Argentine et du Chili !

On doit pouvoir exploiter toutes ces informations !

Un algorithme existe !

Et puis finalement, en cherchant bien sur Google, j’ai vu que d’autres personnes ont réfléchi sur ce problème et je suis tombé sur ce document :

Algorithme datation carte

Vous le verrez mieux ici

Ce document est formidable (et même drôle) !

Alors, on suit l’algorithme :

Istanbul ou Constantinople ? Constantinople ! (donc avant 1930)

L’une de ces propositions suivantes est elle vraie ?

-Le Canada est indépendant ? (On dirait que Non)

-L’Alaska appartient aux Etats-Unis ?(il semblerait, c’est la même couleur)

– Tokyo s’appelle Tokyo ( Pas de Tokyo sur ma carte)

Donc on passe à OUI à cause de l’Alaska !

Afrique du Sud : NON (Colonie du Cap, Transvaal etc..)

Rhodésie : NON (Zambezie anglaise !)

La Bolivie est enclavée ? OUI 

Réponse 1884-1885 ! Ca colle avec mon Congo 1885-1908 !

Et la réponse est :

La boîte de cubes date de 1885 !

Et voilà,  un assistant brocanteur qui a encore appris quelque chose !

Louis

P.S: en regardant bien la carte de l’Europe, j’ai trouvé un état nommé Roumélie Orientale au sud de la Bulgarie !

Et là, Wikipédia : article Roumélie orientale : L’histoire de ce territoire dure sept ans, de 1878 à 1885 ! 

Une preuve de plus !

Ma petite brocante dans la littérature

Webmaster à temps partiel du site ma-petite-brocante.com, au hasard de mes recherches dans les bas-fonds de Google (car Google permet aussi de faire des recherches sur des livres en papier), je suis tombé sur une citation dans un livre qui m’a interpellé :

Extrait du roman polycarpe coeur de boeuf

Oui, vous avez bien lu : « Il s’agissait d’un coquetier diabolo en faïence de Quimper dégoté parmi les rossignols de son stock et malgré tout estimé trente-cinq euros sur ma petite brocante.com»

 Ça alors, « ma-petite-brocante.com » citée dans un roman !

Je me suis empressé de montrer cela à Graziella, qui était toute fière de sa petite brocante !

 Le roman s’appelle : Polycarpe cœur de bœuf

Polycarpe coeur de boeuf

C’est un roman policier, le tome 6 des aventures de Polycarpe Houle, sorte d’Hercule Poirot rural. Dans cet épisode, Polycarpe enquête sur l’assassinat d’un de ces anciens amis. L’intrigue se déroule pendant une célèbre foire à la tomate…d’où le cœur de bœuf !

C’est Claudine Chollet qui a écrit ce roman. J’ai trouvé cet article sur l’auteur.

En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez accéder au site des aventures de Polycarpe.

C’est sûr, en terme de tirage, ce n’est pas le Goncourt, ni Millenium. Mais ça reste formidable !

Merci donc à Mme Claudine Chollet pour cette citation littéraire qui fera peut-être passer ma petite brocante à la postérité.

Pour finir, j’ai essayé de retrouver le coquetier cité sur le site :il n’y est plus ! Graziella l’a supprimé : elle en a vendu tellement des coquetiers, qu’elle a été obligée de faire le ménage dans ses produits  !

J’aurais bien aimé vous le montrer en photo !

Tant pis, ce coquetier n’est donc maintenant plus qu’une petite partie d’une oeuvre littéraire !

La fiction reste toujours plus belle que la réalité !

Louis

Touche pas à mon poste !

Encore un objet bien curieux présenté cette semaine.

Vu de l’extérieur, c’est un joli coffret en bois, décoré d’un paysage des Alpes hongroises…

Lorsque on ouvre le coffret, on y trouve…

Ce bel objet est un récepteur à galène. Ce type de récepteur permettait de recevoir les émissions de radio (on disait à l’époque T.S.F) diffusées depuis la Tour Eiffel à partir des années 20, puis plus tard par d’autres émetteurs. Souvent vendu sous forme de «kit», il était assez simple pour un bricoleur de monter son propre poste à galène à un prix très accessible. C’est sûrement ce qui a dû se passer dans ce cas : un bricoleur avait une jolie boîte en bois, il a décidé d’y monter son récepteur dedans !

La composition d’un tel récepteur est très simple et le nombre de composants réduit :

Entre les deux bornes de gauche (sur la photo), il fallait placer une antenne, une inductance (bobine) et un condensateur.

Le détecteur que l’on voit au milieu est constitué autour d’un cristal de galène (minerai) sur lequel appuie une pointe métallique au bout d’un ressort. L’ensemble constitue ce que l’on appelle aujourd’hui une diode.

Un casque d’écoute se branchait entre les deux bornes de droite.

Ce récepteur fonctionne sans pile ni secteur, l’énergie très faible de l’onde radio reçue par l’antenne est transformée en onde sonore. L’écoute ne pouvait se faire qu’à travers un casque. Pour obtenir une réception suffisante, il était nécessaire d’utiliser de très grandes antennes, souvent constituées de fil électrique d’une vingtaine de mètres de long. Sur les récepteurs les plus simples, il n’y a pas de condensateur d’accord, c’est donc la station reçue la plus forte que l’on entend. Après 1930, les postes à tubes (lampes) alimentés sur le secteur et permettant une écoute plus«familiale » se démocratisent. Après 1955, les premiers récepteurs à transistor font entrer la radio dans une ère nouvelle.

Pour accéder à la description complète de cet objet avec des photos supplémentaires : le récepteur à galène sur le site de ma-petite-brocante

Pour aller plus loin dans la théorie de la réception radio : le récepteur à cristal sur wikipedia

 Adoptez la brocantitude !

Un objet mystérieux…nommé SUXON

C’est un objet bien mystérieux que nous vous proposons aujourd’hui…

Essayez de deviner de quoi il s’agit à partir des indices fournis.

Indices :

·         Je suis une brosse mais je n’ai pas de poils !

·         On me frotte avant de m’utiliser,

·         Je n’utilise ni batterie, ni pile, ni prise de courant et pourtant je fonctionne avec de l’électricité !

L’objet mystère

Réponse : la brosse électrostatique

Cet objet mystérieux est une brosse électrostatique SUXON. Son principe est simple : un morceau d’ébonite (résine noire) est fixé sur un support en bois qui sert de manche. Avant d’utiliser la brosse SUXON, l’utilisateur frotte la partie noire avec la petite brosse en feutre fournie ce qui a pour effet de la «charger électriquement» : elle attire ainsi toutes les poussières par influence électrostatique.
Cocorico, cet objet était fabriqué en France, ainsi que l’atteste l’étiquette présente sur la boite d’origine et l’étiquette présente sur la brosse !

Il est difficile de dater cet objet mais il doit être antérieur aux années 1950.

Voici l’illustration du prospectus d’origine :


Le texte du prospectus est ici :


SUXON est bien un véritable aspirateur électrostatique. Soyez moderne, ne brossez plus, c’est-à-dire, ne déplacez pas uniquement la poussière ; seul un aspirateur l’enlève véritablement, c’est bien le cas de SUXON.
Le principe de SUXON est vieux comme le monde ; en effet, depuis toujours on connaît le phénomène de l’attraction électrostatique de l’ébonite, sur toutes les particules et, en particulier, sur les poussières ambiantes. Tous les écoliers et écolières ont fait cette expérience en se servant d’un manche de porte-plume en ébonite frottés et quelques morceaux de papier déchirés menus.
SUXON remplace avantageusement les lourds et coûteux aspirateurs électriques ; à cause de ces dimensions très réduites et de sa forme particulièrement étudiée, SUXON passe partout et va dénicher la poussière dans les coins les moins accessibles.
SUXON est toujours prêt à servir, sans courant, sans mécanisme ; de plus SUXON est garanti 10 ans.
SUXON absorbe par simple frottement toutes les poussières, les nids de vermine, les bactéries. Quand l’objet que vous dépoussiérez est vraiment propre, les rainures de SUXON apparaissent alors nettes.

SUXON se recommande particulièrement pour le nettoyage des Tapis, Coussins, tentures, Rideaux, Sièges rembourrés et Sièges d’auto, Literie, Billards, etc…
SUXON est en vente dans les Grands Magasins, des Pharmacies, les magasins spéciaux pour brosserie et articles d’entretien, etc…
Marque et modèle déposés sous le N°32.820
Diplôme de Médaille d’Or, Exposition des arts au Foyer, PARIS
SE MEFIER DES CONTREFACONS

Cet objet amusant, en bon état de conservation a été déniché par ma-petite-brocante.com.
Vous le trouverez en suivant ce lien : brosse électrostatique SUXON

D’autres objets insolites sont disponibles sur ce site de brocante en ligne !

La véritable histoire des tasses Mobil

Cet article a initialement été publié sur le premier blog de ma petite brocante en 2010 (midiblog). Ce service ayant fermé, nous le reproduisons ici.

Les tasses Mobil

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre…

En ce temps-là, en France, on achetait de l’essence dans des vraies stations-services. C’étaient des stations pas des petites infrastructures sur des parkings d’hypermarché. Il y avait un pompiste et une boutique où l’on allait payer. Il y en avait beaucoup plus que maintenant et il y avait plusieurs marques. Pour fidéliser leur clientèle, les stations services distribuaient des points de fidélité à chaque fois que l’on faisait le plein. En cumulant plusieurs points, on avait droit à un cadeau.

Tasse mobil

Dans les années 70, les stations Mobil offraient de la vaisselle. En particulier des tasses (aujourd’hui on dirait plutôt des mugs), avec un décor très pop et des couleurs tout aussi assorties, complètement dans l’air du temps de cette époque.

Ces tasses ont eu un très gros succès. On en trouvait dans toutes les familles.

On en rencontre souvent au hasard des brocantes et vous en trouverez sur mon site marchand :

Les tasses Mobil sur le site de ma petite brocante

C’est un exemple type du design des années 70.

Sur de nombreux sites internet, ces tasses vintage ont été attribuées à Richard Sapper.

Ce célèbre designer n’a rien à voir avec la tasse Mobil et ma petite brocante tient à rendre à César ce qui appartient à César !

Le créateur de ces tasses s’appelle Jean-Charles Meunier, il a aujourd’hui 70 ans, il est originaire du nord de la France. Mais laissons-le raconter lui-même l’histoire de la création de cemodèle.

J-C Meunier, créateur des tasses Mobil

Histoire de la création de la tasse Mobil

A propos de la tasse « Mobil », je fais donc le plus court possible pour vous rapporter avec plaisir cette naissance que j’ai vécue « plein pot » en 1972. 

Arrivant en droite ligne de mon Nord natal, « j’ai atterri » rue d’Alésia à Paris, à « l’Atelier 24 » dirigé par 2 graphistes associés, Claude Maurel et Claude Niclas. Je devenais donc le 3ème dessinateur, mais non associé.

Un jour, il y a eu un affolement au studio. Il fallait d’urgence créer un motif floral destiné à un support de cuisine (sans savoir lequel) pour un « gros client budget »,lequel client avait choisi l’Atelier 24 pour le représenter à un concours hors norme. 
Après plusieurs esquisses, rien de valable ne sortait du studio. Et puis, l’échéance arrivant, Claude Maurel a décidé tout à coup de m’envoyer présenter le fameux « dessin merdique » que j’avais « pondu » sans conviction et même pas fini.Selon lui, c’était honteux de présenter un projet bâclé de la sorte, d’autant plus que la concurrence était acharnée… avec des très beaux dessins fignolés à l’appui.


Bref, aujourd’hui les collectionneurs semblent s’arracher cette toute simple tasse Mobil pourvue d’un tout simple dessin né d’un manque d’imagination notoire!

Je me souviens forcément de l’hôtel Intercontinental où l’on m’a accueilli.  C’est le directeur en personne qui a réceptionné le paquet devant moi. Et en se dirigeant vers la salle d’exposition pour y découvrir le dessin, il n’a pas pu s’empêcher de sourire en ajoutant quelques quolibets à l’égard de notre équipe s’assurant au passage que je représentais bien l’Atelier 24, sinon l’auteur lui-même…

Bien plus tard, c’est en se tordant de rires que Claude Maurel m’a appris joyeusement qu’on avait retenu « mon dessin de merde pour Mobil », s’était-il esclaffé.

Ce jour-là, avec « les 2 Claude »,  Maurel et Niclas, j’ai bien ri  aussi et on a bu un bon coup pour cet événement inattendu. J’ai cru que les 2 associés plaisantaient vraiment jusqu’à ce que je découvre les bons d’essence/cadeaux des stations Mobil… où j’ai pu voir tout étonné « mon dessin » et gagner des tasses!!

Voila, c’était la petite histoire des tasses Mobil. N’hésitez plus à chiner ces beaux objets, adoptez la brocantitude !

Une collection de tasses Mobil

Graziella